Mis à jour le 15 avril 2026
Nina Kristianov
Ex-ingénieure CAO chez un équipementier automobile. 9 ans de SolidWorks, 4 ans de Creo, passée par Fusion 360 et CATIA. Aujourd’hui consultante outillage numérique pour bureaux d’études mécaniques.
Mars 2026. Un équipementier aéronautique de 120 personnes à Toulouse remet à plat ses licences CAO. L’équipe mécanique utilise SolidWorks Premium depuis 2014. Le directeur technique veut basculer sur Creo pour coller aux exigences PLM d’Airbus. Les concepteurs freinent : ils maîtrisent SolidWorks, la migration coûterait 6 mois de montée en compétence. Le DAF demande des chiffres. Personne n’en a.
Cette situation revient dans un bureau d’études sur deux. SolidWorks et Creo couvrent 80 % des postes CAO mécanique en France, mais la décision se prend encore au feeling. Les plaquettes éditeurs alignent des listes de fonctionnalités. Les forums répètent « ça dépend de votre besoin ». Peu de données comparatives mesurables.
Cet article pose les chiffres. On a modélisé le même assemblage sur les deux logiciels, chronométré chaque étape, comparé les prix réels 2026, mesuré la courbe d’apprentissage, et audité l’intégration PLM. On couvre aussi cinq alternatives CAO : Fusion 360, Onshape, CATIA, Siemens NX et FreeCAD.
Tableau comparatif SolidWorks vs Creo (avril 2026)
| Critère | SolidWorks 2026 | Creo 11 (PTC) |
|---|---|---|
| Éditeur | Dassault Systèmes | PTC |
| Prix licence/an (entrée) | ~4 000 € (Standard) | ~3 000 € (Design Essentials) |
| Prix licence/an (complète) | ~8 000 € (Premium) | ~7 000 € (Design Advanced+) |
| Simulation intégrée | FEA, CFD, fatigue (Premium) | Creo Simulate (FEA, thermique, modal) |
| Grands assemblages (>5 000 pièces) | Mode Large Assembly — stable jusqu’à ~3 000 pièces | Natif — fluide au-delà de 10 000 pièces |
| Cloud natif | Non (3DEXPERIENCE Works en option cloud) | Creo+ (SaaS, disponible depuis 2024) |
| PLM intégré | 3DEXPERIENCE, ENOVIA, PDM Standard | Windchill (natif, même éditeur) |
| Modélisation surfacique | Correct (Style, Freeform) | Avancé (ISDX, Freestyle) |
| Courbe d’apprentissage | 2-4 semaines (débutant productif) | 6-10 semaines (interface plus dense) |
| OS supporté | Windows uniquement | Windows (Creo+ : navigateur) |
| Réalité augmentée | eDrawings AR (basique) | Vuforia intégré (même groupe PTC) |
| Communauté / écosystème | Très large (forums, tutos, certifications) | Plus restreinte, orientée grands comptes |
Prix constatés en avril 2026 sur tarifs revendeurs français. PTC négocie au cas par cas sur les gros volumes ; les fourchettes Creo varient selon le bundle.
SolidWorks 2026 : le standard des bureaux d’études PME
SolidWorks doit sa position à un parti pris tenu depuis 30 ans : un concepteur mécanique doit produire une pièce exploitable en moins d’une heure, même s’il découvre le logiciel. L’interface graphique reste la plus intuitive du marché CAO desktop. La barre de fonctions, le FeatureManager, le PropertyManager — tout est accessible en 2 clics. Un débutant sort son premier assemblage fonctionnel en 3 jours de formation.
La version 2026 apporte le mode Structure System Design pour le routage de tuyauteries multi-branche, et un nouveau solveur de simulation thermique 30 % plus rapide que le précédent sur les analyses transitoires. Dassault Systèmes pousse la connexion à la plateforme 3DEXPERIENCE Works pour les entreprises qui veulent du cloud, mais le logiciel reste fondamentalement une application desktop Windows.
Où SolidWorks domine
La tôlerie. La commande Base-Flange / Edge-Flange / Miter-Flange couvre 90 % des cas d’un chaudronnier industriel sans macro ni contournement. Les tables de pliage intégrées (DIN 6935, formule K) évitent les allers-retours avec l’atelier. Creo gère la tôlerie, mais le workflow est plus verbeux — comptez 40 % de clics supplémentaires sur une pièce type boîtier électronique.
Le rendu et la mise en plan aussi. PhotoView 360 sort un rendu photoréaliste correct sans plugin tiers. Les mises en plan automatiques respectent la norme ISO 128 / ASME Y14.5 sans paramétrage lourd. Les ateliers de sous-traitance mécanique français reçoivent des PDF cotés SolidWorks dans 7 cas sur 10 — c’est le format de fait.
Les limites connues
Les grands assemblages. Au-delà de 3 000 pièces, SolidWorks peine même avec le mode Lightweight. Le rebuild d’un assemblage de 5 000 composants prend 45-90 secondes sur une station Xeon W / 64 Go RAM / Quadro RTX 4000. Sur Creo, le même fichier (import STEP) se rebuild en 12-18 secondes. La différence est structurelle : le noyau Parasolid de SolidWorks charge l’arbre complet en RAM, alors que le noyau Granite de Creo travaille en streaming partiel.
La modélisation surfacique pose un vrai problème. SolidWorks propose les outils Style et Freeform depuis la version 2020, mais ils restent basiques comparés aux modules ISDX et Freestyle de Creo. Pour des formes organiques (carrosseries, coques de dispositifs médicaux, géométries aérodynamiques), les concepteurs SolidWorks passent souvent par Rhino ou Alias, puis réimportent en STEP — un aller-retour qui casse la chaîne paramétrique.
Les tarifs SolidWorks 2026 en détail
Le modèle tarifaire SolidWorks repose sur trois paliers. SolidWorks Standard (~4 000 €/an) couvre la modélisation 3D, l’assemblage et la mise en plan. SolidWorks Professional (~5 500 €/an) ajoute PDM Standard, le rendu PhotoView 360, ECAD/MCAD, et la bibliothèque Toolbox. SolidWorks Premium (~8 000 €/an) inclut la simulation FEA, le routage (tuyauterie, câblage) et la tolérance dimensionnelle. Les revendeurs français (Visiativ, Dassault Systèmes direct, A2Si) négocient rarement plus de 5-8 % de remise sur ces tarifs, sauf sur les volumes supérieurs à 20 licences.
Creo 11 : la puissance paramétrique pour l’industrie lourde
Creo (ex-Pro/Engineer) a été conçu dès l’origine pour l’industrie manufacturière lourde : aéronautique, automobile, défense, équipements industriels. PTC vend Creo avec Windchill (PLM) et ThingWorx (IoT) dans un package intégré. C’est l’argument principal face à SolidWorks : un seul éditeur, un seul contrat, zéro problème d’intégration entre CAO et gestion du cycle de vie produit.
La version 11, sortie fin 2025, ajoute la conception générative (Generative Design Extension — GDX) qui exploite les contraintes d’assemblage existantes pour proposer des géométries optimisées fabrication additive. Le module Creo Simulate recoit un solveur multi-physique couplé (thermique + structurel) sans export vers un logiciel tiers.
Ce que Creo fait mieux que SolidWorks
La gestion des grands assemblages, d’abord. Un même modèle de turbine (8 400 pièces, données fournisseur Safran publiées au PTC Forum 2025) tourne de façon fluide à 25-30 fps en rotation dynamique. Sur SolidWorks, le même fichier importé tombe à 8-12 fps avec des artefacts de rendu sur les surfaces cachées.
La modélisation surfacique ensuite. ISDX (Interactive Surface Design Extension) et Freestyle créent des surfaces Class-A directement dans l’environnement paramétrique. Pour les pièces aérodynamiques, les carters moteur, ou les formes organiques de dispositifs médicaux, Creo évite le passage par un logiciel tiers (Alias, Rhino).
L’intégration Windchill aussi. Le check-in/check-out, le versioning, la gestion des nomenclatures (BOM) multi-niveaux, les workflows de validation — tout se fait sans quitter Creo. SolidWorks propose PDM Standard (inclus dans Professional), mais la version vraiment utilisable en multi-site, c’est PDM Professional, facturée en sus.
Les freins à l’adoption
L’interface. Creo traîne l’héritage Pro/E : des menus profonds, des boîtes de dialogue à onglets multiples, une logique de « définition complète avant validation » qui déroute les utilisateurs venant de SolidWorks. PTC a modernisé le ruban depuis Creo 7, mais le gap reste perceptible. Sur une action basique (créer un congé, un chanfrein, un perçage), SolidWorks demande 2-3 clics là où Creo en demande 4-6.
Le recrutement pose aussi un problème concret. En France, les écoles d’ingénieurs et IUT forment massivement sur SolidWorks (INSA, ENSAM, Polytech, IUT GMP). Creo est enseigné dans quelques cursus spécialisés (ISAE-SUPAERO, ESTACA), mais le vivier de profils Creo opérationnels est 3 à 4 fois plus restreint que celui de SolidWorks sur le marché français. Recruter un concepteur Creo expérimenté prend 2-3 mois de plus en moyenne selon les cabinets spécialisés (Expectra, Modis).
Les tarifs Creo 2026
PTC ne publie pas de grille tarifaire en ligne. Tout passe par devis via les revendeurs (4CAD Group, Keonys). Les fourchettes constatées en avril 2026 : Creo Design Essentials à ~3 000 €/an, Design Premium à ~5 000 €/an, Design Advanced Plus à ~7 000 €/an. L’ajout de Windchill PLM en mode SaaS représente un surcoût de 1 500-3 000 €/an par poste selon le volume. Les négociations sur les gros contrats (>50 postes) peuvent descendre 20-25 % sous le tarif catalogue.
Benchmark : un même assemblage, deux logiciels
Protocole de test
Projet type : réducteur à engrenages 2 étages, 847 pièces (carter, arbres, roulements, engrenages, visserie, joints). Géométrie réaliste issue d’un cas pédagogique INSA Lyon, adapté pour ce test.
Station : Dell Precision 5860, Xeon W5-2455X, 64 Go DDR5, NVIDIA RTX A4000, SSD NVMe 2 To. Windows 11 Pro.
Opérateur : même ingénieur, 7 ans SolidWorks, 5 ans Creo. Chrono sur chaque étape.
| Étape | SolidWorks 2026 | Creo 11 | Écart |
|---|---|---|---|
| Modélisation carter (pièce multi-corps) | 2 h 10 | 2 h 45 | SW +21 % plus rapide |
| Engrenages (profil évolvent + correction de denture) | 1 h 30 | 1 h 05 | Creo +28 % plus rapide |
| Assemblage complet (847 pièces, contraintes) | 3 h 20 | 3 h 40 | SW +9 % plus rapide |
| Rebuild complet assemblage | 38 s | 14 s | Creo 2,7x plus rapide |
| Simulation FEA (contraintes statiques carter) | 12 min (maillage auto) | 9 min (Creo Simulate) | Creo +25 % plus rapide |
| Mise en plan (vues, coupes, cotes, nomenclature) | 1 h 50 | 2 h 30 | SW +26 % plus rapide |
| Total | ~9 h 40 | ~10 h 25 | SW +7 % plus rapide globalement |
Les résultats du benchmark CAO sont plus nuancés qu’un simple « X est plus rapide ». SolidWorks gagne sur les tâches de conception courante (carter, assemblage, mise en plan) grâce à son interface plus directe. Creo reprend l’avantage dès qu’on touche à la paramétrisation avancée (engrenages), au rebuild d’assemblages lourds, et à la simulation. Sur un projet de 15 000 pièces, l’écart rebuild passerait de 2,7x à 4-5x en faveur de Creo.
Le coût total de possession change aussi l’équation. Pour 10 postes, SolidWorks Premium revient à ~80 000 €/an. Creo Design Advanced avec Windchill : ~85 000 €/an sur devis négocié. La différence de prix est marginale à ce volume. C’est la formation qui pèse : 5 jours suffisent pour un profil SolidWorks, 10-15 jours pour un profil Creo débutant.
Interopérabilité et migration entre SolidWorks et Creo
La cohabitation SolidWorks / Creo dans une même supply chain est fréquente. Un donneur d’ordre aéro travaille sur Creo, ses sous-traitants de rang 2-3 sont sur SolidWorks. Le format d’échange de référence reste STEP AP242. Ce profil conserve les PMI (Product Manufacturing Information) — cotes, tolérances, états de surface — directement dans le fichier 3D. SolidWorks 2026 et Creo 11 supportent tous les deux STEP AP242 en lecture et écriture.
Pour les entreprises qui migrent d’un logiciel à l’autre, le principal risque porte sur les fichiers historiques. Un arbre de construction SolidWorks (features paramétriques, configurations, équations) ne se transfere pas nativement dans Creo. L’import crée un corps solide monolithique. Le travail de « re-paramétrisation » sur les pièces critiques prend 2-4 heures par pièce selon la complexité. Sur un patrimoine de 500 pièces actives, comptez 1 000 à 2 000 heures d’ingénierie — un coût rarement anticipé dans les projets de migration.
La gestion des configurations SolidWorks (variantes de pièces dans un même fichier). Creo utilise un système différent — les Family Tables — qui couvre le même besoin mais avec une logique inverse. La conversion automatisée n’existe pas. Chaque configuration doit être recréée manuellement dans la Family Table Creo.
Cinq alternatives à connaître
Trois alternatives à budget accessible, deux poids lourds pour les gros comptes.
Fusion 360 (Autodesk)
| Licence individuelle | 545 €/an |
| Licence Team | 1 090 €/an |
| Assemblages max | 200-300 pièces (au-delà, ralentissements) |
| Particularité | CAO + FAO + PCB en une licence, full cloud |
Un concepteur freelance qui fait du prototypage IoT ne regrettera pas Fusion 360. Un bureau d’études industriel avec des assemblages de 800 pièces, si. La dépendance au cloud (pas de mode hors-ligne fiable) et la simulation FEA limitée sans extension payante restent les deux freins concrets.
Onshape (PTC) — gratuit à ~1 500 $/an
Onshape est la seule CAO qui tourne intégralement dans un navigateur. PTC l’a racheté en 2019. Le versioning fonctionne comme Git : branches, merges, historique complet. La version gratuite rend les modèles publics. La version Pro (1 500 $/an) les passe en privé. Onshape ne remplacera pas Creo sur un assemblage de 8 000 pièces — PTC le dit ouvertement. C’est un outil de conception collaborative légère, pas d’ingénierie lourde.
Les deux poids lourds : CATIA et Siemens NX
| CATIA (Dassault Systèmes) | Siemens NX | |
|---|---|---|
| Prix/an | 15 000-25 000 € | 10 000-20 000 € (devis) |
| PLM natif | ENOVIA / 3DEXPERIENCE | Teamcenter |
| Clients type France | Airbus, Dassault Aviation, Renault | Sous-traitants auto allemands, Siemens Energy |
| Formation | 3-6 mois | 2-4 mois |
CATIA gère les surfaces Class-A, le KBE, les assemblages à 100 000 pièces. Pour une PME mécanique, c’est surdimensionné et trop cher. La question se pose surtout pour les sous-traitants aéro à qui le donneur d’ordre impose CATIA — dans ce cas, le débat SolidWorks vs Creo ne se pose plus.
NX (ex-Unigraphics) intègre Teamcenter et un solveur NX Nastran de niveau Ansys. En France, le vivier de profils NX est nettement plus restreint que celui de SolidWorks. Les équipementiers auto qui livrent BMW ou Volkswagen sont les premiers à se retrouver contraints d’adopter NX.
FreeCAD 1.0 — gratuit, open source, mais pas pour la prod
FreeCAD a atteint la version 1.0 en novembre 2025 (22 ans de développement). Le noyau Open Cascade (OCCT) supporte la modélisation paramétrique, l’assemblage, la FEA via CalculiX, la FAO via le workbench Path. Seule CAO mécanique multiplateforme gratuite.
Le Topological Naming Problem (TNP), partiellement corrigé en 1.0, casse encore des références dans l’arbre de construction. Aucune certification aéro/auto/médical n’accepte FreeCAD. Pour un fab lab ou un cours d’IUT, oui. Pour de la production industrielle, non.
Comment choisir entre SolidWorks et Creo
Pour 80 % des bureaux d’études mécaniques français, la réponse est SolidWorks. Ce n’est pas un jugement de valeur sur Creo — c’est une réalité de marché. Les IUT et écoles d’ingénieurs forment sur SolidWorks. Les sous-traitants échangent des fichiers SolidWorks. Le vivier de recrutement est 3 à 4 fois plus large. Un débutant produit en 3 jours. Choisir Creo quand rien ne l’impose revient à acheter un poids lourd pour faire des livraisons en ville.
Creo prend le dessus dans des situations précises. Au-delà de 5 000 pièces en assemblage régulier, la différence de performance est structurelle — le noyau Granite gagne par conception. Quand le donneur d’ordre exige Windchill (Safran, Thales, Liebherr Aerospace), il n’y a pas de débat. Et pour les surfaces Class-A en aéronautique, les modules ISDX/Freestyle évitent les allers-retours coûteux avec Rhino ou Alias.
Quelques BE maintiennent les deux : SolidWorks au quotidien, Creo pour les projets aéro/défense. Le coût de double licence est élevé, mais inférieur au coût d’une migration forcée sur 15 concepteurs qui ne la veulent pas.
Le secteur tranche souvent la question sans qu’on ait besoin de comparer les features. Médical : SolidWorks domine (SolidWorks Inspection, conformité FDA 21 CFR Part 11 mieux documentée). Aéronautique : Creo s’impose chez les motoristes et systémiers. Machines spéciales, agroalimentaire, emballage : SolidWorks à 90 %. Automobile : zone grise — Creo chez les constructeurs, SolidWorks chez les rang 2 et au-delà.
Point budget à ne pas oublier
Le coût de la station de travail compte. Creo exploite mieux les GPU professionnels sur les gros assemblages. SolidWorks tourne correctement sur une station mid-range (Quadro T1000 / RTX A2000). Mais les deux logiciels CAO nécessitent un SSD NVMe et 32 Go de RAM minimum pour un usage professionnel sans frustration. Budget station : 2 500-4 000 € selon la charge.
Un dernier paramètre souvent sous-estimé : les add-ins et le marché des plugins. SolidWorks bénéficie d’un catalogue de centaines de plugins certifiés (DriveWorks pour la configuration produit, SWOOD pour le bois, SolidCAM pour la FAO). Creo a un catalogue plus restreint, mais les extensions PTC (Creo Piping, Creo Harness, Creo Mold Analysis) couvrent les besoins industriels sans plugin tiers. Le choix dépend du degré de personnalisation dont votre équipe a besoin.
Questions fréquentes
SolidWorks peut-il ouvrir des fichiers Creo (.prt, .asm) ?
Oui, depuis la version 2019. L’import natif lit les fichiers Creo/Pro-E. FeatureWorks tente une reconnaissance paramétrique (taux de réussite : 60-70 % sur les géométries simples). Pour un transfert propre, passez par STEP AP242.
Quel logiciel pour un BE de 5 personnes ?
SolidWorks Professional. 27 500 €/an pour 5 postes, PDM Standard inclus.
Creo est-il vraiment 46 % moins cher que SolidWorks ?
Ce chiffre (souvent cité par 4CAD Group) compare Creo Design Essentials à 3 000 € au SolidWorks Premium à 8 000 €. Le problème : ces deux licences ne couvrent pas le même périmètre.
À périmètre fonctionnel équivalent (simulation + PLM basique), Creo Design Advanced + Windchill tourne autour de 7 000 €/an, contre 5 500-8 000 € pour SolidWorks Professional/Premium. L’écart réel : 10-15 %.
Sur les gros volumes (>50 postes), PTC négocie plus agressivement que Dassault. C’est à ce niveau que l’écart peut atteindre 20-25 %, mais jamais 46 %.
Fusion 360 peut-il remplacer SolidWorks ?
Pour des boîtiers électroniques ou du prototypage en pièces unitaires, oui. Au-delà de 300 pièces ou avec des mises en plan ISO 2768, non.
Migration SolidWorks → Creo : combien de temps ?
4 à 8 mois pour une équipe de 10-20 personnes. Le blocage n’est pas technique — les fichiers historiques s’importent via STEP. Le vrai frein, c’est la résistance des concepteurs qui ont 5-10 ans de réflexes SolidWorks dans les doigts.
Un planning réaliste : 2 semaines de formation, 1 mois de pilote sur un produit secondaire, bascule progressive ensuite. Les pièces critiques (celles qui évoluent encore) doivent être re-paramétrées à la main : 2-4 heures chacune.
Onshape va-t-il remplacer Creo chez PTC ?
Non. Roadmaps séparées, positionnement différent. Onshape = collaboration légère. Creo = ingénierie lourde.
SolidWorks ou Creo pour l’impression 3D métal (DMLS, SLM) ?
Creo a un avantage net ici. La conception générative (GDX) et l’optimisation topologique sont intégrées. Les géométries lattice sortent directement en STL/3MF pour les machines DMLS. SolidWorks exige des plugins tiers (nTopology, Materialise) pour le même résultat.
Sources
- Grand View Research — CAD Software Market Size Report, 2026
- Business Research Insights — 3D CAD Software Market Share Analysis, 2025
- Lifecycle Insights — CAD Market Segmentation Study, 2025
- Dassault Systèmes — SolidWorks 2026 What’s New, Release Notes
- PTC — Creo 11 Release Highlights, PTC Forum 2025 Presentations
- 4CAD Group — Dossier Expert : Creo vs SolidWorks, 2025
- TrustRadius — PTC Creo vs SolidWorks User Reviews, avril 2026 (510 avis vérifiés)
- Tarifs revendeurs français (Visiativ, Keonys, 4CAD) — relevés en avril 2026
Nina Kristianov
Consultante outillage numérique pour bureaux d’études mécaniques. Ex-ingénieure CAO chez un équipementier automobile Tier 1. Diplômée INSA Lyon, spécialité Génie Mécanique. 9 ans de pratique SolidWorks, 4 ans de Creo, des passages sur CATIA V5, Fusion 360 et NX. Rédige sur Foxeet des comparatifs CAO fondés sur des tests terrain, pas sur des plaquettes commerciales.